- Article posté le 08 Février 2010 -
Pourquoi les Etats-Unis s’opposent-ils à Chavez ? Pour le pétrole, on s’en doute. C’est tout ?
Les guerres du pétrole, ils sont habitués à les gagner. Mais au Venezuela, on leur tient tête. Ici, on dit qu’il est possible d’employer l’argent du pétrole de façon intelligente et utile. Pas comme à Dubaï où on construit des hôtels à vingt mille euros la nuit au milieu d’un monde arabe sous-développé. Pas comme au Nigeria où la faim tue alors que ce pays est un des plus gros exportateurs mondiaux.
Au Venezuela, un homme affirme qu’il est possible de résister aux multinationales et de vaincre la pauvreté. On l’accuse de tous les péchés : ‘populiste’, ‘dictateur’, ‘antisémite’… Mais que se passe-t-il sur le terrain ? Quels sont ses véritables péchés ?
Le pétrole est un enjeu majeur du monde actuel. Mais la question va plus loin que le pétrole… Quel type d’économie peut vaincre la pauvreté ? Une véritable démocratie est-elle possible ? Ces enjeux concernent toute l’Amérique latine, mais aussi le Moyen-Orient, l’Afrique et même l’Europe…
L’Amérique latine dans les médias, c’est très simple. Il y a le carnaval à Rio, le tango à Buenos-Aires et la drogue en Colombie. Ah oui, il y a aussi ‘Chavez le populiste’. Au lieu de cette image stéréotypée, ne pourrait-on nous montrer la vraie vie des Latinos ? Presqu’un sur deux vit sous le seuil de pauvreté. Pourquoi ? Par contre, sept ou huit sont devenus multimilliardaires en quelques années. Comment ?
44% de pauvres en Amérique latine. Cessez de voir ça comme une statistique. Pourrez-vous ce soir donner quelque chose à manger à votre enfant ? Pourrez-vous lui payer l’école ? Et, s’il tombe malade, verra-t-il un médecin ? Lorsque vous vivez avec un ou deux dollars par jour, vous êtes forcé de choisir entre ces besoins vitaux. Cette angoisse est le quotidien d’une personne sur deux dans ce grand continent. Au Moyen-Orient, c’est pareil. En Afrique, c’est pire.
L’expérience du Venezuela représente-t-elle une alternative valable ? Si oui, ça nous concerne tous. Il est important de s’en informer et d’en juger de façon indépendante. Les médiamensonges ne concernent peut-être pas que l’Irak. Face au fossé riches-pauvres, le droit à l’alternative existe-t-il ?
Source : Michel Collon
Le documentaire Bruxelles-Caracas de Vanessa Stojilkovic éclaire les rapports Nord-Sud tout en montrant qu’en Amérique latine, des peuples retrouvent leur dignité en reprenant le contrôle de leurs matières premières.
“Au Venezuela, l’argent du pétrole ne profite plus aux multinationales, ni à une élite locale, mais au peuple par des programmes sociaux”, assurent les autorités locales. “Alors, Chavez”, se demande Vanessa Stojilkovic, “dangereux “populiste” ou alternative pour l’Amérique latine? Ses réformes sociales ont-elles ou non changé la vie des Vénézuélien-nes?” Que valent les informations diffusées par les médias de masse sur le Vénézuela? Pourquoi Bush voulait renverser Chavez? Où va l’Amérique latine? Ce qui se passe au Venezuela nous concerne-t-il?
Vu que les médias n’expliquent rien de ces réformes, la seule manière de le savoir était d’aller sur place. Pour enfin donner la parole à ces Vénézuéliens.
Surtout que le Venezuela est menacé par les Etats-Unis. Il est donc important de savoir et faire savoir comment un pays du tiers monde reconquiert ses richesses naturelles et sa dignité au niveau international.
Ecouter Chavez, écouter les gens d’en bas, écouter l’opposition de droite. Et témoigner.
Voici quelques extraits de témoignages du peuple vénézuélien que vous retrouverez dans ce documentaire :
“Nous n’avons jamais connu la démocratie, la démocratie était pour ceux qui étaient au pouvoir. Maintenant, oui, nous voyons vraiment que la démocratie existe parce que nous y participons.” (Ivonne, employée)
“On a un référendum tous les deux ans qui permet de révoquer n’importe quel élu.” (Anita, coiffeuse de rue)
“Les États-Unis s’opposent à Chavez à cause des mesures pour mieux redistribuer les richesses.” (Une dame d’origine espagnole)
“Notre président Chavez veut élever les plus modestes, mais le président des États-Unis veut que ces gens restent en bas.” (Gladys, responsable d’une cantine populaire)
Source : Vanessa Stojilkovic (Vanessa Stojilkovic, née à Valence en 1977, de père yougoslave et de mère française, décide à vingt ans de se lancer dans les métiers de l’image pour faire entendre la voix des peuples exclus ou diabolisés par les médias).
Le Venezuela en bref :
• 25 millions d’habitant-es, capitale Caracas.
• 5e producteur mondial de pétrole.
• Agriculture monopolisée et entravée par les gros propriétaires, exode rural.
• 60% de pauvres.
Histoire :
• Longue domination des partis traditionnels pro États-Unis.
• 1989 : Révolte anti-FMI, 3.000 victimes.
• 1999 : Chavez est élu président.
• 2002 : Échec d’un coup d’État fait avec la complicité des États-Unis.
• 2004 : Tenue d’un référendum sur le mandat de Chávez obtenue par l’oligarchie traditionnelle afin d’obtenir sa destitution. 58,2% des Vénézuélien-nes - surtout les pauvres - appuient Chávez.
Aujourd’hui :
• L’argent du pétrole finance des réformes sociales massives.
• Cuba envoie 20.000 médecins; les Vénézuélien-nes ont accès à des soins de qualité.
• Coopération économique avec Cuba et de nombreux pays indépendants.
• Alliance La Havane-Caracas-Bolivie, front uni avec l’Argentine et l’Uruguay : le rapport de forces en Amérique latine est bouleversé, Bush est sur la défensive.
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décembre 13th, 2011 at 0 h 11 min
C’est beau l’altermondialisme, l’Europe mal informée à la solde des impérialistes, peut-etre… Attention à l’éceuil inverse qui consiste à angéliser et idéaliser les politiques socialistes latino-américaines. On l’a fait en France dans les annees 70 dans les milieux de gauche avec Cuba, souvenez vous. Je vis avec un Vénézuélien exilé, j’y suis allé, je connais nombre de ses amis qui me racontent des choses aberrantes. Chavez a fait enfermer les gens avec qui il a tenté un coup d’état quelques annees auparavant peu de temps apres avoir ete elu, pour faire oublier cette histoire. Depuis, la violence et la délinquance augmentent SANS CESSE. Il y a education et soins medicaux gratuits, c est vrai j en ai d ailleurs beneficie, et je ne suis pas habitant des barrios. Mais la LISTE NOIRE existe belle et bien, les milices de Caracas qui devastent les centres culturels ou les medias d’opposition aussi!!! Presque plus aucun media n est independant, il appartiennent tous à Chavez où ont été contraints de fermer.
juillet 26th, 2011 at 23 h 26 min
Ce reportage est très instructif mais aussi fortement biaisé. Je suis profondément de gauche et j’ai envie de croire à cette belle histoire mais il y a un mais… Il y a une face cachée à ce tableau paradisiaque.
Je travaille avec un vénézuélien, un universitaire qui faisait bien entendu partie des privilégiés. Sa version n’est donc pas parole d’évangile mais il a vécu Chavez, et il s’est exilé et il nous raconte, parfois. Par exemple, le reportage mentionne que Perez a tué 3000 personnes, il ne dit pas que Chavez a fait de même lors de la révolution “eclair” de deux jours. Les troupes ont tiré sur les manifestants, des gens sont tombés devant mon collègue. Certes la personne qui s’est mise au pouvoir n’était pas la bonne (mon collègue qui faisait partie de la manifestationa été outré de voir qui s’était auto-proclamé président, en effet une personne pas très recommandable selon lui), mais il n’en reste pas moins que la tuerie n’était pas nécessaire !
Ceci dit, Chavez fait beaucoup de choses pour les pauvres et on l’en remercie ! Permettre aux gens d’avoir une éducation, de la nourriture en suffisance, de pouvoir se réunir, parler, que demande-t’on de plus? Déjà que ce soit le cas pour tout le monde ! Savez-vous qu’il y a une liste noire au Vénézuela? Des milliers de personnes ont “osé” signer une pétition contre Chavez, ce sont évidement des gens riches, des opposants, une minorité, mais il semble que certains ont ensuite été inquiétés par la Police, que des postes leur sont refusés, etc, etc… Pourquoi certaines personnes n’ont-elles pas le droit de s’exprimer?
Enfin, pourquoi le président ne veut pas laisser la place? Pourquoi faire lois sur lois pour pouvoir rester au pouvoir? Si c’est le peuple qui gouverne, il peut gouverner par l’entremise d’un autre homme ou d’une autre femme, non? L’idée est bonne, l’idée communiste l’était aussi en Russie mais trop de personnes ont profité du système et tout s’est scléroser.
J’espère de tout cœur que les Vénézuéliens pourront ne pas tomber dans les travers russes, pourront continuer leur révolution sociale tout en changeant de président… L’idée est bonne, pourvu qu’elle ne soit pas gâchée par la mégalomanie d’un homme !
janvier 22nd, 2011 at 10 h 37 min
bravo et merci!!! je suis monteur a france 3 corse, et si je peux vous être utile contactez moi, je le ferai avec grand plaisir. Et encore un grand merci a l\’indispensable Michel Collon.
juin 30th, 2010 at 0 h 26 min
bonjour tout d’abord je tiens a remercier michel collon pour son information precieuse sur beaucoup de sujets.
je regarde le film ” bruxelles-caracas” mais malheureusement il est difficile de lire les sous-titres en tout cas ce film m’interesse beaucoup et pour finir je dirais que la vérité sors de le bouche des enfants et des pauvres…
février 24th, 2010 at 0 h 02 min
Montage malgré tout manichéen. cependant il y a des vérités et des erreurs flagrantes.
Il est indéniable que la position du président vénézuélien est juste en face d\’une oligarchie comme celle qui détient le pouvoir aux USA et sur la planète derrière les marionnettes politiques de partout.
pourtant la corruption est énorme, l\’agriculture complètement inefficace qui ne permet pas de nourrir le pays, que la contestation n\’est pas admise, que de grands secteurs économiques de production et surtout agricoles et pétrolière ne fonctionnent plus ou très mal, que l\’insécurité est plus qu\’alarmante, que la consommation de cocaïne et d\’alcool est terrifiante dans une grande frange de la population, que d\’énormes gaspillages sont fait dans l\’argent qui est distribué et souvent détourné des programmes.
Certainement il reste beaucoup à faire mais tous ne sont pas aussi convaincus que ce que laisse présupposer le film.
Je souhaite pourtant beaucoup de courage au peuple vénézuélien qui montre cependant avec leurs président un réel acte d\’opposition à la dominance d\’une poignée sur le reste du monde.
Il y a des dangers internes autant qu\’externes à leur démarche et je suis d\’accord que les peuples de tous les pays du monde prennent l\’exemple de leur courage et initiative.
pour y avoir séjourné deux fois en un an je peux témoigner que la situation du Vénézuéla est sur la lame du rasoir. Ils doivent tenir mais le ver est entretenu dans le fruit par l\’intérieur et l\’extérieur. Je suis avec eux pour reprendre nos libertés de peuples indépendants et libres de se définir pour nous même et le vivant.